Arrivée devant une grande salle, Donna, qui marchait en tête, alluma les lumières et déclara : « Vous avez ici un large choix d'armes, alors n'hésitez pas à prendre celle qui vous convient le mieux. »
Une immense salle s'ouvrit devant nous, et la variété des armes qu'elle contenait me laissa sans voix. Des nunchakus aux épées larges, toutes sortes d'armes étaient exposées sous nos yeux, soigneusement rangées par taille.
J'étais sincèrement impressionné.
Il y en avait tant que je n'arrivais même pas à identifier certaines d'entre elles.
« À votre place, je ferais très attention. Si vous abîmez l'une de ces armes, préparez-vous à payer jusqu'à 500 000 U. »
Devant l'air surexcité des élèves, Donna leur jeta aussitôt une douche froide en rappelant le prix de chaque arme. Quelques élèves ne purent s'empêcher de tressaillir et se mirent à regarder les armes comme s'il s'agissait d'artefacts divins.
« Je vous conseille de choisir une arme adaptée, pour ne pas risquer de l'endommager. Expérimenter, c'est bien, mais seulement si vous en avez les moyens. »
Les yeux posés sur les quelque deux cents élèves devant elle, Donna eut un sourire enjoué et poursuivit : « Avant de prendre une arme, passez votre carte d'étudiant pour enregistrer votre nom dans la base de données. Ensuite, prenez votre arme et rejoignez-moi sur l'aire d'entraînement principale. »
Ayant dit ce qu'elle avait à dire, Donna tourna les talons et s'en alla.
Dès que sa silhouette eut disparu, tout le monde se mit à parler avec excitation. Surtout les garçons.
« Waouh, c'était ça, la "sorcière des calamités" ? »
« Elle est trop canon ! »
« Mon Dieu, je crois que je suis amoureux. »
« Pff. Tu rêves, une femme comme elle ne s'intéresserait jamais à un raté comme toi ! »
« Tu veux te battre ? »
Ce genre de scène se répétait partout : les élèves avaient déjà formé leurs petits clans.
Moi, le dernier du classement, j'en étais évidemment exclu.
Et pour être franc, c'était exactement ce que je voulais : je n'avais aucune envie de passer mon temps à lécher des bottes.
À la Lock, la hiérarchie régnait sur l'académie.
Comme entre un paysan et un noble. Seuls ceux qui étaient mieux classés avaient le droit d'être traités en nobles. Les mal classés comme moi n'étaient que de futurs chairs à canon, bons à envoyer sur la ligne de front.
Voilà quelle était ma vie à présent, en tant que dernier de la classe.
À l'inverse de moi, qui étais tout seul, les personnages principaux étaient entourés d'une foule.
Kevin, Jin, Amanda, Emma et Melissa avaient tous une nuée de gens autour d'eux.
À part Kevin, ils étaient déjà habitués à ce genre de situation et restaient donc indifférents aux vagues de flatteries qui sortaient de toutes les bouches.
Mais Kevin, qui n'y était pas habitué, se retrouvait totalement désemparé. Son allure de tout à l'heure, qui inspirait le respect, s'effondra tandis qu'il peinait à s'extraire de la cohue.
Il garda un sourire crispé tout du long et fit de son mieux pour ne pas paraître trop grossier, s'efforçant de répondre poliment à chacun.
« En ce moment, il doit chercher un moyen de prendre son arme et de filer au plus vite. »
Je ris en secouant la tête.
Telle était la vie de ceux qui voulaient se faire remarquer.
Laissant le pauvre Kevin à son sort, je me tournai vers la section des épées de l'armurerie.
Comme je savais déjà ce que je voulais, je passai rapidement ma carte et pris un katana fin et élégant.
La poignée en cuir se logeait confortablement dans ma main et la lame de métal froid renvoyait directement la lumière de la salle.
Swoosh ! Swoosh !
« Parfait. »
Après avoir fait tournoyer légèrement le katana à quelques reprises, je hochai la tête, satisfait.
Son poids n'était ni trop lourd ni trop léger, et sa lame résistante, forgée dans un alliage extrêmement solide, en faisait l'arme idéale pour mon art de l'épée.
L'épée à la main, je sortis rapidement de la salle.
Puisque j'avais tout ce qu'il me fallait, je me dirigeai vers le terrain d'entraînement.
***
Un vaste terrain s'étendit devant moi lorsque j'arrivai sur l'aire d'entraînement.
L'installation tout entière faisait à peu près la taille de deux terrains de football.
En haut à droite se trouvait un stand de tir divisé en cinq distances différentes, de 100 m jusqu'à 500 m.
En bas à droite, plus d'une douzaine de mannequins d'entraînement, parfaits pour s'exercer au corps-à-corps.
Ces mannequins étaient faits de Forlum, un métal extrêmement résistant capable de supporter même l'impact d'un démon de rang A.
Grâce à ce corps en Forlum d'une solidité à toute épreuve, les élèves pouvaient s'entraîner contre eux sans craindre de les casser.
La zone centrale du terrain était libre, c'est-à-dire qu'il n'y avait rien.
Elle servait surtout à travailler des mouvements ou des jeux de jambes.
En somme, c'était un espace où chacun pouvait s'exercer à la technique de son choix.
En haut à gauche, il y avait une grande salle de sport équipée de matériel haut de gamme et, surtout, une salle de gravité qui pouvait monter jusqu'à 10 g.
Grâce à elle, on pouvait s'entraîner et forger son corps en augmentant la force gravitationnelle qui pesait sur soi.
Enfin, en bas à gauche du terrain, une grande piscine de cinquante mètres de long s'offrit à ma vue.
C'était l'un des endroits les plus fréquentés, car elle était extrêmement utile pour la préparation physique : grâce aux ingrédients médicinaux spéciaux ajoutés à l'eau, les muscles s'y remettaient plus vite de la fatigue.
« Bien. Comme je vous l'ai dit, c'est votre premier jour, alors inutile de forcer. Je serai là pour vous surveiller. »
Ayant attiré l'attention de tous, Donna sourit joyeusement en contemplant le terrain.
« Maintenant, allez vous entraîner ! Le temps n'attend personne. »
Aussitôt, tout le monde s'activa.
Certains se dirigèrent droit vers les mannequins, d'autres vers le stand de tir.
Je jetai un regard curieux autour de moi et vis Kevin, Jin et Melissa se diriger vers les mannequins, tandis qu'Emma filait directement vers la salle de gravité.
Amanda, elle, se rendit au stand de tir.
Comme je l'ai déjà dit, la spécialité de Kevin était l'épée.
Même s'il n'avait pas encore commencé à pratiquer le [style Levisha], son talent à l'épée restait sans égal. Si je devais estimer sa force actuelle, je dirais que même cinquante versions de moi l'attaquant en même temps ne lui feraient pas une égratignure.
Jin, lui, ne se servait pas d'une épée mais de dagues.
C'était ce qu'on appelle un type assassin. Extrêmement rapide et agile, il pouvait, grâce à sa vitesse inégalée, entailler quelqu'un vingt fois en quelques secondes.
Melissa, deuxième de la classe, maniait la lance.
Elle était aussi d'une beauté incroyable. Assez pour rivaliser avec Emma et Amanda, mais elle était aussi bien plus intelligente qu'elles.
Elle avait un visage de porcelaine, élégant et ravissant, que mettaient en valeur ses cheveux châtain clair qui retombaient doucement dans son dos. Le plus frappant, c'étaient ses joues délicates et ses lèvres roses et humides qui pouvaient tenter n'importe quel homme. Une paire d'yeux limpides comme du verre se cachait derrière de fines lunettes qui les soulignaient encore et rehaussaient sa beauté. Son cou mince de cygne, sous lequel se dessinaient de délicates clavicules et une poitrine généreuse légèrement exposée, ajoutait encore à son charme, tandis que sa taille fine et ses jambes d'un blanc crémeux parachevaient son apparence sans pareille.
À l'âge tendre de 12 ans, elle avait reçu le prix du Traité de l'Humanité, la plus haute distinction décernée à ceux qui réalisaient des percées exceptionnelles faisant progresser l'humanité. L'équivalent du prix Nobel dans mon monde.
Si elle l'avait obtenu, c'était parce qu'elle avait réussi à démontrer le théorème de décomposition moléculaire, sur lequel bien des scientifiques célèbres du monde entier s'étaient cassé les dents.
Sa découverte avait été une avancée scientifique majeure qui avait secoué toute la communauté scientifique.
Avec le théorème de décomposition moléculaire, des maladies comme le cancer, qui accablaient le monde, n'étaient plus un problème, car ce théorème s'attaquait directement au cœur du mal !
La seule raison pour laquelle elle était deuxième et non première au classement de l'académie, c'était qu'elle n'était pas très forte. Ayant passé l'essentiel de son temps à faire de la recherche, elle n'avait pas eu beaucoup de temps pour améliorer ses compétences, d'où un score physique à peine au-dessus de la moyenne lors de l'examen d'admission.
Mais ne vous méprenez pas : c'était déjà un exploit en soi, puisque mon propre score se situait dans le bas de la moyenne.
Emma, de son côté, maniait l'épée courte, et son style de combat était extrêmement féroce et agressif.
Il évoquait celui d'un berserker : quand elle attaquait, elle ne laissait aucun répit à son adversaire.
Honnêtement... de toute la bande, c'était sans doute celle que j'aurais le moins voulu affronter, car elle serait extrêmement gênante pour mon [style Keiki].
Enfin, Amanda. C'était une archère, et une excellente.
De toute la classe, elle était sans doute la seule capable de toucher avec précision une cible placée à 500 mètres.
Un prodige comme on n'en voyait qu'une fois tous les deux ou trois siècles : c'était ce que disaient tous les professeurs en la regardant tirer.
Voilà pour les personnages principaux.
Et moi ?
Eh bien, j'allais simplement m'entraîner dans la zone centrale.
Comme le [style Keiki] était un art perdu, même si je le pratiquais, personne ne le remarquerait sans doute.
Qui plus est, la façon dont on s'exerçait au [style Keiki] faisait passer pour un fou.
Je fermai les yeux et poussai ma concentration au maximum.
Shing ! Shing !
D'un seul mouvement fluide, je tirai le katana du fourreau, tranchai vers l'avant et le rengainai.
« Cinq secondes. »
Je secouai la tête et répétai le même geste.
Premier mouvement du [style Keiki] : Éclair fulgurant.
Une taille unidimensionnelle qui ne frappait que vers l'avant, avec une vitesse écrasante, invisible à l'œil nu.
Le [style Keiki] ne comptait que cinq mouvements, mais chacun était crucial.
Chacun était comme la pièce d'un puzzle de cinq pièces qui, une fois assemblées, formeraient le véritable [style Keiki].
Par exemple, pour l'instant, le premier mouvement n'était qu'une simple taille unidimensionnelle vers l'avant, tandis que le deuxième était une taille horizontale.
Si l'on combinait ces deux mouvements, l'amplitude des attaques contre un ennemi augmentait considérablement.
Chaque mouvement était conçu pour renforcer les autres.
Une fois le [style Keiki] maîtrisé, on pouvait frapper où l'on voulait avec une vitesse sans égale.
On pourrait dire que si le [style Keiki] était divisé en cinq formes, c'était parce qu'il fallait acquérir les bases avant de pratiquer l'art véritable.
Telle était la vraie méthode d'apprentissage du [style Keiki].
Shing ! Shing !
Sans prendre la moindre pause, je répétai le même mouvement encore et encore.
« D'après les souvenirs que Maître m'a transmis, je peux atteindre le royaume mineur de maîtrise après avoir répété le même mouvement plus de cent mille fois. »
Quand on apprenait un art de l'épée, il existait des moyens de déterminer son niveau de maîtrise.
Il y avait le royaume mineur de maîtrise, le grand royaume de maîtrise, le royaume de l'essence et enfin le royaume parfait.
Chaque royaume correspondait à un pourcentage de compréhension de l'art de l'épée dans son ensemble.
Le royaume mineur exigeait une compréhension de 25 %.
Le grand royaume exigeait 50 %, le royaume de l'essence 75 %, et enfin venait le royaume parfait.
Le sommet de la maîtrise, avec une compréhension totale, à 100 %, de l'art de l'épée.
Pour l'heure, mon objectif était d'amener les cinq mouvements au royaume mineur, avant de les perfectionner par la suite.
***
Un homme plutôt séduisant se tenait au bord du terrain d'entraînement. Il avait des cheveux d'un blond terne et dégageait un air noble qui évoquait un aristocrate de haut rang.
Il tourna la tête vers la belle femme qui se tenait à côté de lui et demanda :
« Que penses-tu de cette promotion ? »
Le regard perdu au loin, la belle femme, qui n'était autre que Donna Longbern, balaya le terrain des yeux et désigna quelques élèves.
« Il y a beaucoup de jeunes prometteurs, surtout dans cette promotion, mais ceux qui sortent le plus du lot, à mes yeux, ce sont Kevin, Jin, Amanda, Emma, Melissa et Han Yufei. »
Suivant la direction qu'indiquait Donna, l'homme séduisant hocha la tête d'un air pensif.
« Rien d'étonnant, vu leur lignée. »
Donna jeta un coup d'œil à l'homme à côté d'elle et ricana.
« Je te l'accorde, leur lignée est impressionnante, mais ce n'est pas ce qui fait leur valeur. C'est le sang, la sueur et les larmes qu'ils ont versés à l'entraînement qui les ont rendus aussi bons. Être né de parents brillants ne garantit pas de briller soi-même. Si tu ne travailles pas, peu importe ton talent, tu ne seras jamais fort. »
L'homme répondit avec un léger sourire :
« Je me le demande. D'ailleurs, il y en a un qui t'a tapé dans l'œil ? »
Sans la moindre hésitation, Donna répondit :
« Kevin Voss. »
Légèrement surpris par la rapidité de sa réponse, l'homme parut se rappeler quelque chose : une lueur de froideur traversa son regard avant de disparaître aussitôt, comme si de rien n'était.
« Tu veux dire le gamin qui a établi un record sans précédent et décroché haut la main la première place à l'examen d'entrée ? Il m'intrigue aussi. Quelqu'un apparemment sans appui puissant qui arrive aussi loin... C'est plutôt étrange, non ? »
Il glissait des sous-entendus en parlant, ce qui fit ricaner Donna intérieurement.
« J'étais l'une des surveillantes pendant l'examen et son maniement de l'épée m'a beaucoup impressionnée. Élégant, et pourtant sans le moindre geste inutile. Je peux affirmer sans crainte que nous aurons bientôt un rang S de plus dans nos rangs. »
Devant Donna, qui ne prenait même pas la peine de cacher son mécontentement, l'homme se contenta de sourire et lâcha d'un ton désinvolte :
« Oh ? Pour que la sorcière des calamités en personne parle de lui en ces termes, ce doit vraiment être un talent à surveiller. »
Foudroyant du regard l'homme à côté d'elle, elle lança d'un ton menaçant :
« Gilbert. Appelle-moi encore une fois comme ça et je te tue. Ce n'est pas parce que ton père est puissant que je ne te ferai rien. »
« Hé, hé, je plaisantais. Pas la peine de le prendre si mal. »
Levant les mains en signe de reddition, Gilbert eut un léger sourire.
« Hmph. »
Détournant la tête, Donna continua d'observer le terrain d'entraînement.
À côté d'elle, le sourire de Gilbert s'effaça vite tandis qu'il fixait Kevin au loin. Puis son attention glissa vers le centre du terrain, où un jeune homme s'exerçait seul avec un katana.
« Pfff, c'est qui, celui-là ? »
Sans même prendre la peine de cacher sa moquerie, Gilbert éclata de rire en désignant l'élève qui s'entraînait au katana.
Regardant dans la direction que pointait Gilbert, Donna fronça aussitôt les sourcils en observant le garçon.
Elle sortit sa tablette et fit défiler l'écran jusqu'à ce qu'apparaisse une photo correspondant aux traits du jeune homme.
« Rang 1750, Ren Dover. Seize ans, fils du maître de la guilde Galxicus, une guilde de rang moyen opérant dans la ville d'Ashton. Évaluation du talent : D. »
Comme s'il avait compris, Gilbert secoua la tête et regarda Donna d'un air triomphant.
« Qu'est-ce que je te disais ? Seuls ceux qui ont une vraie lignée peuvent espérer accomplir quelque chose. Les gens comme lui, nés de parents médiocres, ne pourront jamais se tenir au sommet avec des élites comme nous. »
Donna aurait voulu le contredire, mais elle n'y parvint pas. Les yeux posés sur Ren, qui dégainait et rengainait son épée sans relâche, elle secoua la tête, déçue.
C'était quoi, cet entraînement ?
Il pourrait au moins frapper avec son épée, au lieu de se contenter de la dégainer et de la rengainer.
