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Chapitre 9

Chapitre 9 — La joie de deux personnes a débordé

24 octobre 2026 ~5 min · 859 mots

« Au fait… Et toi, là, d'où sors-tu ? »

Soudain, Alexandra pose sur Marion un regard au zéro absolu.

C-c'est vrai, je ne la lui ai pas présentée.

« Ah, euh, elle s'appelle Marion, et… »

« Votre Altesse Harold. C'est à elle que je pose la question. »

« … ?! O-oui ! »

En entendant pour la première fois sa voix effroyablement grave, je me raidis et réponds au garde-à-vous.

« Par ta faute, j'ai importuné Son Altesse Harold. Réponds immédiatement. »

« … Je suis au service de Son Altesse Harold. Je m'appelle Marion Shearer. »

« Hmm… »

Alexandra renifle avec dédain, fronce les sourcils et s'avance vers Marion, qui exécute une révérence.

Euh, alors… Je devrais l'arrêter, non ? Mais pour quelle raison ?

« Dis-moi. »

« Oui ? »

« Pourquoi posais-tu ce regard sur Son Altesse Harold ? »

« Pardon… ? »

« Tu n'as pas entendu ? Je te demande pourquoi une simple femme de chambre comme toi posait sur Son Altesse Harold, mon fiancé, un regard qui semblait plein de mépris. »

… J'ai compris pourquoi elle laisse éclater une telle colère.

Le regard méprisant que je sentais toujours venir de Marion, elle l'a remarqué elle aussi… non, elle a bien voulu le remarquer.

« Je n'ai jamais… »

« Ne mens pas. Alors, que penses-tu de Son Altesse Harold ? Dis-le. »

« … »

Sous l'interrogatoire d'Alexandra, Marion se mure dans le silence.

Bon, elle ne peut pas vraiment dire la vérité, hein.

« … Soit. Quoi qu'il en soit, il est hors de question de laisser quelqu'un comme toi aux côtés de Son Altesse Harold. Quitte ce palais sur-le-champ. »

« … ?! Q-qu'est-ce que… »

« Tu n'as pas entendu ? J'ai dit que tu m'offusquais la vue. »

O-ouah… Je n'aurais jamais imaginé qu'Alexandra signifierait son renvoi à Marion. Sauf que c'est moi, l'employeur.

« D-dame Alexandra, vous êtes certes la fiancée de Son Altesse, mais vous n'êtes pas en position de décider de mon sort… »

« Je suis Alexandra Chevalier, fille aînée de la maison Chevalier, pilier du royaume de Dehauvalds. Chasser une femme de chambre du palais royal ne me coûterait pas le moindre effort. »

« Ugh… »

C'est vrai que pour la maison Chevalier, ce serait un jeu d'enfant. Ou plutôt, il lui suffirait de dire « Marion a commis un impair » pour que le palais devance ses désirs et la renvoie de lui-même.

« C-c'est vrai que Son Altesse Harold est votre fiancé, mais pourquoi… Hiii ?! »

Terrifiée par le visage que lui montre Alexandra, Marion s'étrangle au milieu de sa phrase.

Marion voulait sans doute continuer ainsi :

« Pourquoi prendre le parti de Harold, ce brutal capricieux, le “prince vaurien incapable” ? »

Ça, moi aussi, je n'arrive pas à le comprendre.

Ma réputation, une fille de la maison ducale de Chevalier la connaît forcément.

Même si nos fiançailles sont un mariage politique décidé par le roi Eival, non seulement elle vient au palais m'accompagner à l'entraînement, mais elle va jusqu'à m'enseigner pour que je devienne plus fort.

Vu son rang, sa beauté et son talent qui n'a rien à envier aux héroïnes d'« EnHaza », il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'elle méprise et regarde de haut un troisième prince incapable et minable, avec une tête de petite crapule comme la mienne.

Et pourtant, celle qui se tient devant moi laisse éclater une telle colère pour un type comme moi.

Franchement, je n'y comprends rien.

« Que peux-tu bien savoir de Son Altesse Harold, toi ?! Pour tenir la promesse qu'il m'a faite, Son Altesse Harold a mené jusqu'au bout un entraînement rigoureux sans jamais se plaindre ! Cesse de le juger à la légère sans rien savoir de sa vraie nature ! »

« Ah… euh… »

Face à une telle fureur, Marion ne sait plus quoi faire et ne peut que se troubler.

Mais en rencontrant ainsi la vraie… c'est bizarre de dire ça, mais la vraie Alexandra, celle qui, dans le prologue d'« EnHaza », se fait répudier par Harold sans un mot, ce que je me dis, c'est qu'elle est infiniment plus héroïne que les héroïnes du jeu, et qu'aujourd'hui, en une seule journée, elle n'a pas arrêté de déjouer toutes mes attentes… voilà, c'est…

« Ah… »

« Votre Altesse Harold, permettez. »

Alexandra m'essuie la joue avec un mouchoir.

Ah… ha ha… On dirait bien que je pleurais.

Mais ce n'est pas ma faute, hein.

Pour la première fois, quelqu'un a compris le Harold qui est en moi.

Même sa propre mère n'a jamais reconnu les efforts de Harold.

Ah… mais ce n'est pas tout à fait ça.

Le Harold qui est en moi, c'est moi aussi, et moi aussi, je suis Harold.

Alors.

« Ugh… Uuuh… Waaaaaaaaaaaaaaah… ! »

Si je n'arrive plus à me retenir et que je fonds en larmes à grands cris, ce n'est pas ma faute, hein.

Moi et Harold.

Harold et moi.

Parce que la joie de deux personnes a débordé, sans que je puisse rien y faire.

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